Qui êtes-vous ?

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Kasserine, Kasserine Nord
Je suis Ons Ichaoui Je suis une lycéenne âgée de 17 ans, j'aime tout ce qui honnête et exprimé en toute liberté, je déteste les hypocrites et les prétentieux, parlez c'est tout ce que je vous demande car j'y crois énormément

mardi 4 novembre 2008

Déclaration

Tu es infiniment subtile

Tu envoûtes mon être

Mon cœur infantile

Vient à l'instant de naître

Tu sens l'eau de rose

Le laurier et le romarin

Les fleurs qui explosent

Empruntent ton parfum

Tu jaillis de bonheur

Là haut dans les cieux

Sous tes belles couleurs

Qui éblouissent les yeux

Tu sens le jasmin

La lavande et le basilic

Tu sèmes de la main

L'encens féerique.

Ce matin, je vibre

Je suis allégé

De nouveau je suis libre

Je suis soulagé

Tu m’arraches du gouffre

Tu me soignes le coeur

Jour et nuit je souffre

Sous des faix de heurts

Aujourd'hui, j'avance

Je bouge et je me lève

Je vois les rues qui dansent

Je vois des toits qui rêvent

Au bout des rues qui brillent

Sous la couleur de l'eau

Les fleuristes qui sourient

Ils irriguent des pots

Au coin du Port de France

Je vois la Goulette

Tout mon cœur se lance

Tout près de Lafayette

Devant la cathédrale

Très Haute et très grande

Je rêve du Sacré Cœur

Qui coule de lavande

Je vois la reine Didon

Réinvestir Carthage

Les hauts du cap bon

Et tout le long des plages

Je ne dis pas « je t'aime »

Comme tous les gens d'orient

Mais je fais des poèmes

Très doux et très violents

De nuit comme de jour

Qui inventent des vers

Qui racontent l'amour

D'un très bel univers

Je fais un sacrifice

En parlant de bonheur

Quand je décris Tunis

Je sens battre mon coeur

Thala

Thala, l’aurore de ma jeunesse

Thala, les roses de ma vie

Thala, mes élans et mes prouesses

Thala, le secret de mes envies

Thala, l’encens des couleurs

Le mélange du crépuscule

Thala la source de mes douleurs

Thala, l’essor, l’amalgame et le recul

Thala, le nom de ma fille

A qui j’ai dédié tous mes poèmes

Qui scintillent et qui brillent

Et qui appellent toux ceux qu’on aime

Thala, la rose du midi

Le chrysanthème du dimanche

Thala, les dits et les non dits

Thala le goût des revanches

Ton histoire veille dans ton cœur

Au centre ville, elle roupille

Elle sautille comme un leurre

Qui disparait quand il brille

Mais quand on flâne le long du « Char »

Ou aux environs de « Sidi Shil »

On reconnait vite les vieux « douars »

Et ces arômes qui défilent

Ceux qui t’ont quittée un jour

A la suite d’un coup de colère

Ils ne rêvent que d’un retour

Pour se rappeler de leur galère

Ne leur dis pas de gros mots

Ce ne sont que tes enfants

Qui un jour en mal de peau

Ont mal admis les coups du vent

Ces temps-là sont tous maussades

Pourquoi se priver donc de son aurore

Qui se faufile à la dérobade

Pour ne pas réveiller la lune qui dort

Thala, je veux te dire une confidence

Qui me tient vraiment à cœur

Quand tu veux exprimer tant de souffrance

Tu ne dévoiles que du bonheur

C’est à cause de ce silence

Qui pèse lourd aux alentours

Que les gens ont lâché leurs médisances

Et ont arrêté de faire l’amour

lundi 3 novembre 2008

Vue du Chambi

El Manar, une administration qui tend vers l'écoulement

El Manar, une administration qui tend vers la perturbation absolue depuis la sortie en retraite du directeur tant aimé des lycéens. En effet, l’annonce du nouveau directeur a constitué un choc très dur à supporter pour ces adolescents qui, habitués à un rythme bien déterminé depuis des années, ont eu du mal à accepter une telle situation.

C’est pourquoi, voulant exprimer leur soutien à Monsieur l’ancien directeur et leur indignation vis-à-vis d’un homme qui a tenté d’imposer des règles propres à lui oubliant de ce fait les droits dont l’élève jouit continuellement ont dénoncé l’élection soudaine d’un directeur méconnu des lycéens. Par ailleurs, le professeur qui avait une certaine estime à l’époque devient l’égal de l’élève ce qui est inadmissible.

L’attitude de l’élève a et pour la première fois été approuvée par les professeurs qui ont soutenu cette prise de position en observant une grève non annoncée mais qui va être poursuivie cette fois-ci délibérément de la part des professeurs. Les élèves, voyant ainsi leurs professeurs entrain de crier le nom de leur ancien chef, décident de continuer ce qu’ils ont déjà entrepris ; effectivement, certains professeurs avaient craqué et n’ont pas pu cacher leurs émotions, les uns ont explosé en larmes, les autres étant incapables de pleurer ont manifesté une certaine tristesse vis-à-vis de ces conditions.

Quant à moi, j’avoue que je n’ai pas participé à cette initiative mais je les ai quand même soutenus au nom de la nostalgie. Cependant je dénonce leur recours à la violence à l’égard des propriétés publiques qui leur appartiennent en fin de compte. Sinon pour tout juger, ils étaient exceptionnellement courageux car ils n’ont fait que défendre un droit qui leur était accordé.

Malheureusement, les cris de ces élèves n’ont pas été écoutés par les autorités éducatives et l’ancien directeur n’y est plus, remplacé successivement dans un délai de trois jours par trois directeurs. Il est vrai que les revendications des élèves ainsi que celles des professeurs consistent à faire en sorte pour que leur directeur reste dans ses fonctions mais comme cela n’a pas marché on a au moins réussi à exprimer notre amour et notre reconnaissance à l’égard d’un homme qui a beaucoup donné pour l’éducation.

Parfum Venu de La Tunisie



Si tu veux tout oublier

Par ces temps gris et maussades

Il n’y a pas mieux que Montpellier

Avec ses monuments et ses palissades

Si tu veux dégourdir l’oreille

Et ingurgiter la bonne musique

Tu seras alors submergé de merveilles

Et tu plongeras dans un monde féérique

Montpellier, une diva de tous les temps

La seule qui a su laver ma cervelle

Cette reine qui se donne à tous les passants

Et qui a gardé une virginité éternelle

Quand tu nous accueilles avec honneur

Pour déguster le français tous les matins

Tu nous combles gracieusement de bonheur

Et tu nous présages de joyeux lendemains

Il y a ceux qui sont tout à fait à l’aise

Et n’ont jamais ressenti de honte

Ils défendent inlassablement la langue française

Mais tiraillés entre calcul et compte

Et il y a ceux qui avec des tenues désobligeantes

Enveloppés dans des tissus inconvenants

Mais ils n’arrivent jamais à porter atteinte

A une amitié de très longtemps

Ils viennent à la rencontre de Maupassant

Pennac, Sagan ou l’histoire des troubadours

Alors, ils se perdent tous les jours à Auchan

Monoprix, Polygone ou Carrefour

Ils sèchent volontiers le cours du soir

Et se faufilent en cachette

Et pour ne pas se faire avoir

Ils s’enfuient à la sauvette

Et il y a ceux qui ne connaissent pas l’inertie

Et dégustent friandise, réglisse et grisettes

Ils ne ratent jamais aucune sortie

Et ils assistent volontiers à toutes les fêtes

A Montpellier, il y a de toutes les couleurs

Et il y a aussi pour tous les goûts

Il y a ceux qui chantent tous en chœur

Et il y a ceux qui dansent bout à bout

D’Angelica, Francesca, Fatima ou Aline

De Kamel le tunisien, Jamel ou Naîm

Des cœurs qui s’aiguisent et une amitié qui s’affine

Des relations qui se tissent et des amours qui subliment

On va te quitter avec des cœurs pleins de chagrins

O Montpellier de l’élégance et la fantaisie

Si un jour, un vent frais te frôlera les mains

Rappelle-toi, c’est un parfum qui te vient de Tunisie

Noureddine Ichaoui

Montpellier, juillet 2008